Quelques noms glorieux

		Louise-Marie de Gonzague, fille du duc de Nevers, Charles I,
	et Marie Casimire de la Grange d'Arquian, de bonne noblesse
	nivernaise, furent toutes deux reines de Pologne, Jean Bureau de La
	Rivière, conseiller de Charles V, était né prés de Couloutre. La dynastie
	des parlementaires parisiens des Lamoignon tirait son nom d'un fief
	prés de Donzy. Voltaire comptait le poète Adam Billaut, menuisier à
	Nevers, parmi les écrivains marquants du siècle de Louis XIV.

		Les écrits du clamecycois Roger de Piles, l'un des amateurs
	de peinture les plus en vue de Paris, aidèrent au triomphe, à la fin du
	XVII siècle, des "coloristes" admirateurs de la peinture sensuelle des
	Vénitiens et de Rubens sur les partisans de la peinture austère et 
	méditée de Poussin et de Champaigne.

		Babaud de La Chaussade, au XVIII siècle, Boigues, Dufaud,
	Martin, au siècle suivant, créèrent la grande industrie métallurgique à
	Guérigny, Imphy et Fourchambault.

		Si l'on voulait faire la liste de tous ceux dont s'enorgueillit le
	Nivernais, les noms ne manqueraient pas. Bornons nous à rappeler
	quelques figures nationales qui sont sorties de cette terre ou y ont
	puisé une partie de leur inspiration.

		Guy Coquille, seigneur de Romenay, naquit à Decize, en
	1523, dans une famille de notables et de juristes. Après des études
	littéraires au Collège de Navarre, il étudia le droit romain en Italie,
	s'initia aux pratiques juridiques chez un oncle conseiller au Parlement
	de Paris et termina à Orléans ses études de droit. Son expérience lui
	permit alors de restaurer la fortune familiale ruinée par des procés.
	Elu à plusieurs reprises délégué du Tiers aux Etats généraux, il joue
	également un rôle important à Nevers, où il fut échevin, et dans le
	duché, dont il a été nommé procureur général.

		Ses solides connaissances de l'histoire nivernaise et du
	droit coutumier apparaissent dans les nombreux ouvrages qu'il entreprit
	à la fin de sa vie, défendant les libertés gallicanes contre l'absolutisme
	pontifical et l'autonomie provinciale contre la toute-puissance royale. 
	Il mourut à Nevers en 1603 et fut enterré dans l'église Saint-Pierre, 
	qui s'élevait sur l'actuelle place Guy Coquille.

		Sébastien Le Prestre, maréchal de Vauban, "l'homme qui
	prend les villes", qui fut aussi fondateur du Génie, un urbaniste, un
	économiste, naquit en plein Morvan, d'une famille de petite noblesse
	nivernaise très appauvrie, et ses années de jeunesse se passérent
	parmi les petits paysans du village de Saint Léger (aujourd'hui dans
	l'Yonne), dont le curé l'avait recueilli à la mort de son père.
	
		Le chateau de Bazoches, aménagé par le maréchal de Vauban qui y a fait de fréquents
séjours, est un des plus connu du Nivernais. Placé dans une position remarquable,
en face de Vézelay, il conserve la chambre à coucher du maréchal, restaurée avec
soin et garnie d'un fort beau mobilier classé parmi les Monuments historiques.